Nous avons passé trois mois à chercher une nouvelle bouteille pour réduire notre empreinte carbone. Nous avons découvert une industrie pleine d’innovations, mais dont l’adoption par les consommateurs reste douloureusement lente.
Chaque domaine viticole naturel souhaite produire un vin plus respectueux de l'environnement. Nous travaillons chaque jour à construire un meilleur écosystème dans et autour de nos vignobles, il est donc logique que nous appliquions exactement la même philosophie lors de l'emballage et de l'expédition de nos vins aux clients.
Les bouteilles de Bordeaux Grand Cru classiques pèsent entre 600 et 650 g vides, avant d'être remplies de 750 g de vin. Cela signifie qu'une seule bouteille remplie pèse facilement 1,4 kg. Lorsque vous considérez qu'une petite cave peut expédier 10 000 bouteilles à travers le monde, vous réalisez rapidement que le plus grand impact que vous pouvez avoir est de réduire le poids des bouteilles. Cependant, vous devez également prendre en compte les matériaux utilisés, où l'emballage est fabriqué, et si le consommateur final peut réellement le recycler.
Nous avons commencé par chercher les bouteilles de vin les plus légères en production. Cela nous a menés à une marque américaine innovante, qui fabrique des bouteilles en PET recyclé, doublées d’une nanocouche de verre, à seulement 150 g chacune. Ce revêtement empêche tout contact entre le vin et le plastique. Avec un bouchon de liège traditionnel, le vin devrait pouvoir vieillir comme dans une bouteille classique.
Ce gain de poids considérable nous enthousiasmait et nous avions hâte de le présenter aux acheteurs professionnels. Mais les réticences ont été fortes. Malgré l’avantage environnemental, ils étaient convaincus que les consommateurs hésiteraient à acheter ces bouteilles, car le plastique paraît moins haut de gamme et se raye pendant le transport. Sans leur soutien, nous n’avons pas pu passer à une série d’essai.
Nous avons alors cherché la bouteille en verre recyclé la plus légère, jusqu’à en trouver une de seulement 290 g. Mais elle posait de nouveaux problèmes d’expédition : son verre plus fin la rendait beaucoup plus sensible à la casse, surtout à l’international. Pour la protéger, il aurait fallu revoir entièrement nos cartons et ajouter des emballages de protection, augmentant nettement le coût par bouteille. Là encore, on nous a dit que les consommateurs ne paieraient pas le supplément nécessaire.
Nous avons finalement choisi un verrier local dont la bouteille pèse environ 85 g de moins, tout en conservant une forme classique et la même solidité. Je suis déçu de ne pas avoir pu aller plus loin cette année, mais à notre échelle de production actuelle, ce changement réduit tout de même le poids total de nos expéditions mondiales d’environ 1,5 tonne. C’est une vraie avancée.
Bien que nous n'ayons pas pu trouver la bouteille légère parfaite cette année, je suis inspiré par l'innovation rapide qui se produit dans l'éco-emballage. L'année prochaine, nous prévoyons d'aller encore plus loin.