La Réalité Brutale de la Vinification à Bordeaux
Bordeaux a souffert de quatre millésimes dévastés, en raison de fortes gelées printanières, de vagues de chaleur record, d'épidémies catastrophiques de mildiou et de pluies torrentielles. La pression économique sur les vignerons et les viticulteurs de Bordeaux est insupportable.
En 30 ans, Bordeaux a perdu plus de 60 % de ses 14 000 vignerons indépendants. Aujourd’hui, il en reste moins de 5 000, alors que le volume total de vin produit n’a diminué que d’environ 30 à 40 %. La concentration des entreprises a maintenu les volumes. Quand de petits exploitants familiaux ont cessé leur activité ou pris leur retraite, leurs terres n’ont pas disparu : de grands châteaux, des groupes de négoce et des investisseurs les ont rachetées. De plus en plus de vin est ainsi produit pour satisfaire des objectifs financiers, plutôt que par passion artisanale.
L’élan indispensable vers la viticulture biologique se heurte à un mur. Face à des coûts de production en forte hausse, jusqu’à 20 % de plus en bio, et à des marges infimes, les petits vignerons ne peuvent pas supporter le risque financier de pertes dues à des maladies fongiques imprévisibles sans mieux valoriser leurs vins. Cela a entraîné une baisse de 43 % des conversions de vignobles au bio en France, particulièrement marquée en Gironde.
La Résistance
Malgré la crise, Bordeaux n'est pas perdu. En fait, sous la surface de la consolidation d'entreprise et de la paralysie bureaucratique, une renaissance est en cours.
Aujourd’hui, www.raisin.digital répertorie 55 vignerons nature à Bordeaux, tous au minimum en bio, qui produisent des vins délicieux. Environ 20 % des vignobles bordelais sont certifiés biologiques, davantage que dans tout autre département français. Le mouvement Bordeaux Pirates, en plein essor, rassemble également des producteurs bio animés par un esprit indépendant.
De nombreux bars et restaurants de Bordeaux mettent aussi à l’honneur les vins naturels et les vins nouvelle vague, notamment SOIF (35 Rue du Cancéra), Bar Blouge (16 Rue Fernand Philippart), ComplanTerra (42 Rue Saint-James) et Cent33 (133 Rue du Jardin public).
Remplissez Votre Verre
Peut-être sentez-vous aussi le vent tourner. La prochaine fois que vous repérez un Vin de France bordelais nouvelle vague sur la carte d’un bar à vin, essayez-le. Il pourrait vous surprendre.